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L'art contemporain parlons en !

1. l'art contemporain vous touche ?
6 26%
2. vous trouvez que c'est à chier ?
10 43%
3. c'est à chier mais mous êtes touché ?
2 9%
4. rien à cirer j'ai pas les sous !
1 4%
5. Pour moi l'art c'est un Rodin, la Chapelle Sixtine berf les arts classiques...
4 17%
 
Nombre total de votes : 23

Message Re: L'art contemporain parlons en ! 17 Déc 2016 13:56

DarkZenith a écrit:Rien ne remplace le contact direct avec les œuvres !

:soumis:

Par contre, j'avoue que les performances artistiques, des fois j'ai du mal...  :8

Message 17 Déc 2016 14:15

De prime abord, je ne suis pas sensible aux productions de Nicolas Gasiorowski (hormis Promenade mentale 2). Sauf que je sais que je les vois en jpeg, que le format n'est absolument pas le même par rapport à l'original. Puis tu remarques quand même que la touche est grosse par moments, qu'il y a de la matière et que tous ces reliefs et ce que ça implique (jeux de lumière, jeux de transparence des couches, texture de la peinture) ne se peuvent se percevoir sur une image.

Donc avant de catégoriser cela d'un "c'est nul" j'irais d'abord voir les œuvres de mes yeux pour me faire une vraie idée. Quelquefois ça invalide (Klein), des fois ça confirme (Delaunay).

@corde : tu parles de ça ?



Toutefois je pense qu'étant aujourd'hui noyés d'images et de videos, les productions artistiques vraiment créatives se trouveront à travers d'autres medias.

Message 17 Déc 2016 14:37

Je suis un fan total de Monet et d'abstraction lyrique. Je reconnais ce biais et je sais que cela oriente fortement mes goûts esthétiques. En ce sens-là, Gasio me satisfait quasi complètement. :jap:
C'est aussi une rencontre (et c'est ça qui est beau dans l'art, justement) entre moi et cette œuvre. J'ai l'impression qu'elle me "lave l’œil" en quelque sorte : elle me procure un plaisir immédiat et très intense, bien sûr, mais elle m'apprend aussi à mieux regarder le monde, elle enrichit et rend plus savoureux mon rapport sensible avec mon environnement. Elle ne lui donne pas du sens ; elle fait mieux que ça encore : elle lui donne de la saveur et en fait un accomplissement en soi.
C'est souvent ce que les artistes cherchent eux-mêmes, d'ailleurs, du moins les plus authentiques d'entre eux, ceux qui courent moins après le résultat (même s'il en faut pour gagner sa croûte) qu'après une forme d'évolution intérieure, de transformation intime et/ou spirituelle.
J'ai eu ce même contact régénérateur, cet été, avec les dessins d'Alexandre Hollan dont je parlais plus haut, et cet artiste est pour moi un sage dont la parole, dite ou incarnée dans ses œuvres, dans leur processus même de création, me touche au cœur, en cette partie de ma personnalité qui respire le monde. En ce sens, je lui dois énormément : grâce à lui, je crois que je vis mieux, de façon plus attentive et plus ample à la fois, comme si la contemplation de son œuvre était une forme de yoga mental.



Maintenant, une telle démarche, parce qu'elle va justement loin, très loin dans le creusement du rapport de l'être aux choses et aux autres êtres, peut s'avérer déroutante, voire incompréhensible et, par cela même, rebutante. Je le comprends totalement. Et je pense que le meilleur de l'art, les œuvres les plus sincères, dont le but premier n'est pas de séduire et de vendre, ne sont abordables et ne livrent leur substantifique moelle qu'au terme d'un processus d'apprentissage, d'écoute, d'initiation, en un mot : de culture.
Elles sont plus profondes que les autres œuvres, elles sont plus novatrices, plus originales. Il faut s'en rendre digne. Ou plutôt, on a tout à gagner à s'en rendre digne, je vous en donne ma parole. :jap:

Message 17 Déc 2016 14:56

Je crois qu'au bout d'un moment y'a des connexions qui ne se font plus chez les "artistes"...

Message 17 Déc 2016 15:22

Comme tout ce qui a de la valeur, les grandes œuvres se méritent. C'est à ça que sert la culture et c'est à ça que servent les musées.
C'est aussi la culture personnelle, c'est-à-dire l'effort de raffiner ses propres goûts, qui permet au bout d'un moment de distinguer l’œuvre trucarde ou putassière des autres --- de la même façon que l'éducation du palais permet à l'amateur de vins de dire que telle production est de la merde à destination des touristes incultes et telle autre un enchantement des papilles.
Enfin, bon, tout cela a déjà été débattu mille fois...

Message 17 Déc 2016 15:24

... ou l'oreille de l'audiophile de faire la différence entre des earbuds Apple de 2007 et un casque audiophile de 2016  :mrgreen: (ou entre un 96kbps et un flac)

C'est facile de dire des artistes qu'ils ne font aucun effort pour établir une connexion avec leur public, mais d'un autre côté si ledit public a déjà comme préjugé que c'est d'la merde, ça aide pas.

Message 17 Déc 2016 16:12

HamsteRER a écrit:Le thème sous-jacent c'est "Pierre Boulez fait quelque chose mais pas de la musique. Faut-il le catégoriser comme performance contemporaine ?" ?
Bah si, Pierre Boulez fait de la musique, mais elle s'adresse au public restreint des personnes ayant reçu une éducation musicale solide (voire mathématique si on veut vraiment comprendre les jeux et enjeux du sérialisme). J'ai beaucoup fréquenté l'Ensemble intercontemporain quand j'habitais Paris, sans jamais y trouver mon compte. Je préfère les auteurs moins extrêmes comme Ligeti ou Schnittke, particulièrement en concert (je garde un souvenir ému de la création française du concerto pour violon de Ligeti il y a bien longtemps). Donc oui, c'est de la musique, non elle n'est pas facile d'accès faute de produire assez d'émotion immédiate.

Message 17 Déc 2016 16:38

C'était une question rhétorique. Juste qu'à mon sens la formulation de Darktores suggérait que Boulez n'était pas de la musique mais qu'il fallait bien le classer quelque part.

N'oubliez pas que toutes les œuvres ne sont pas destinés à tous les publics non plus, en particulier s'il s'agit d'une commande...

Plutôt qu'une vision de dignité et de raffinement, j'assimile plutôt la lecture d’œuvre comme l'apprentissage d'une langue étrangère, et une langue c'est une grille de description du monde. En étant "initié" à celle de l'auteur, on peut mieux comprendre et apprécier. Mais ça n'empêchera pas le profane d'y trouver une autre interprétation en y appliquant sa propre grille de lecture. Le plus beau dans l'histoire c'est qu'il n'aura pas nécessairement tort pour autant.

Message 17 Déc 2016 16:58

J'ai bien aimé l'exposition de ben au mac de Lyon.

Pour le reste, je suis souvent assez hermétique... mais je suis globalement hermétique à la notion d'art en général. ( À part Vincent Van Gogh et Dali )

Message 17 Déc 2016 17:08

Ben... et la musique alors ?

Message 17 Déc 2016 17:22

alphatak a écrit:
HamsteRER a écrit:Le thème sous-jacent c'est "Pierre Boulez fait quelque chose mais pas de la musique. Faut-il le catégoriser comme performance contemporaine ?" ?
Bah si, Pierre Boulez fait de la musique, mais elle s'adresse au public restreint des personnes ayant reçu une éducation musicale solide (voire mathématique si on veut vraiment comprendre les jeux et enjeux du sérialisme). J'ai beaucoup fréquenté l'Ensemble intercontemporain quand j'habitais Paris, sans jamais y trouver mon compte. Je préfère les auteurs moins extrêmes comme Ligeti ou Schnittke, particulièrement en concert (je garde un souvenir ému de la création française du concerto pour violon de Ligeti il y a bien longtemps). Donc oui, c'est de la musique, non elle n'est pas facile d'accès faute de produire assez d'émotion immédiate.
Bien dit. (Y)
Et c'est là, quand on apprend à retirer des émotions d’œuvres qui auparavant nous laissaient froids, qu'on se rend compte que les émotions, elles aussi, peuvent être cultivées, qu'on peut affiner sa sensibilité. Et ce faisant, on ouvre son ressenti, on élargit ses perceptions.
J'ai connu ce processus en musique avec un morceau particulier (j'en ai déjà parlé ailleurs) : "Fat Time" de Miles Davis. Ce sont les efforts que j'ai produits pour être véritablement touché par ce morceau (au lieu de simplement m'y intéresser) qui ont marqué véritablement mon entrée dans la jouissance du sonore.
D'où (anecdote) mon avatar actuel qui n'est autre que la main de Miles Davis photographiée par Irving Penn en 1986 (pour l'album Tutu).


C'est presque aussi beau que du Boulez... :mrgreen:

Message 17 Déc 2016 17:35

corderaide a écrit:... ou l'oreille de l'audiophile de faire la différence entre des earbuds Apple de 2007 et un casque audiophile de 2016  :mrgreen: (ou entre un 96kbps et un flac)

C'est facile de dire des artistes qu'ils ne font aucun effort pour établir une connexion avec leur public, mais d'un autre côté si ledit public a déjà comme préjugé que c'est d'la merde, ça aide pas.


Moi je parlais de connexion dans leur cerveau  :mrgreen:

Message 17 Déc 2016 18:11

Une autre artiste que j'affectionne particulièrement, qui a également une personnalité ouverte et sympathique et avec qui j'ai longuement discuté à MACParis 2016 : Véronique Lafont.
http://veroniquelafont.blogspot.fr/p/oeuvres_1.html

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Message 17 Déc 2016 20:03

DarkZenith a écrit:
alphatak a écrit:
HamsteRER a écrit:Le thème sous-jacent c'est "Pierre Boulez fait quelque chose mais pas de la musique. Faut-il le catégoriser comme performance contemporaine ?" ?
Bah si, Pierre Boulez fait de la musique, mais elle s'adresse au public restreint des personnes ayant reçu une éducation musicale solide (voire mathématique si on veut vraiment comprendre les jeux et enjeux du sérialisme). J'ai beaucoup fréquenté l'Ensemble intercontemporain quand j'habitais Paris, sans jamais y trouver mon compte. Je préfère les auteurs moins extrêmes comme Ligeti ou Schnittke, particulièrement en concert (je garde un souvenir ému de la création française du concerto pour violon de Ligeti il y a bien longtemps). Donc oui, c'est de la musique, non elle n'est pas facile d'accès faute de produire assez d'émotion immédiate.
Bien dit. (Y)
Et c'est là, quand on apprend à retirer des émotions d’œuvres qui auparavant nous laissaient froids, qu'on se rend compte que les émotions, elles aussi, peuvent être cultivées, qu'on peut affiner sa sensibilité. Et ce faisant, on ouvre son ressenti, on élargit ses perceptions.
J'ai connu ce processus en musique avec un morceau particulier (j'en ai déjà parlé ailleurs) : "Fat Time" de Miles Davis. Ce sont les efforts que j'ai produits pour être véritablement touché par ce morceau (au lieu de simplement m'y intéresser) qui ont marqué véritablement mon entrée dans la jouissance du sonore.
D'où (anecdote) mon avatar actuel qui n'est autre que la main de Miles Davis photographiée par Irving Penn en 1986 (pour l'album Tutu).


C'est presque aussi beau que du Boulez... :mrgreen:


Super intéressant ce que tu racontes par rapport aux émotions à cultiver. J'ai à titre personnel parfois / souvent du mal à sentir celles-ci, c'est comme si "c'était là, mais que je ne pouvais pas les ressentir totalement" à quelques exceptions près. En général ça marche mieux si j'arrive à les lier à mon vécu / à mon monde intérieur. Je ne sais pas si ce que j'écris paraît étrange  :mrgreen:

Message 17 Déc 2016 21:27

DarkZenith a écrit:

C'est presque aussi beau que du Boulez... :mrgreen:

mais il est AU TOP ce morceau DZ !  8-D